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La ligne Tournemire–Le Vigan

La ligne reliait Tournemire-Roquefort au Vigan sur une longueur de 61,780 km.
Elle a été déclarée d’utilité publique à titre d’intérêt général par la loi du 8 août 1879 et concédée à titre définitif à la Compagnie des chemins de fer du Midi par la loi du 20 novembre 1883.
Elle est mise en service le 24 août 1896 par cette même compagnie. Son profil était particulièrement difficile : les déclivités atteignaient 33 ‰ et le rayon des courbes ne descendait pas en dessous de 300 m. La ligne comportait également de très nombreux tunnels.
Les différents projets de tracé
Avant l’adoption du tracé définitif, plusieurs solutions furent étudiées pour relier le réseau ferroviaire au Vigan.
Deux premiers projets partaient du plateau du Larzac et empruntaient la vallée de la Dourbie.
Le premier devait rejoindre directement Le Vigan par Nant et Saint-Jean-du-Bruel ; le second prévoyait de passer par le massif de l’Aigoual.
Un troisième projet fut ensuite envisagé. Il devait quitter le plateau du Larzac en desservant Cornus et Le Caylar.
C’est de cette nouvelle étude qu’allait finalement naître la liaison ferroviaire passant par Tournemire-Roquefort et conduisant au Vigan. Le tracé retenu allait nécessiter d’importants travaux pour franchir le relief particulièrement accidenté des Cévennes.
En 1971, quelques mois avant le déclassement de la dernière section de la ligne, la revue La Vie du Rail consacrait dans sa rubrique « Courrier du rail » un article détaillé à la ligne de Tournemire au Vigan. Il retrace notamment son origine, sa construction et son parcours, et décrit ses principales caractéristiques techniques et ses nombreux ouvrages d’art.
Pour en savoir plus sur l’histoire de la commune, voir la page Arre, un destin singulier.

extrait du journal officiel du 1er septembre 1896 actant l’autorisation de l’exploitation de la ligne Tournemire au Vigan
Un tracé ferroviaire particulièrement exigeant
Le relief traversé imposa aux ingénieurs la réalisation de très nombreux ouvrages d’art. La construction de la ligne nécessita plus de 3 000 mètres de tunnels, répartis entre 33 ouvrages souterrains, ainsi que 14 viaducs. Certaines tranchées atteignaient également 16 mètres de profondeur.
Après la gare de Sauclières, la ligne poursuivait son parcours vers la vallée de l’Arre en franchissant une succession de tunnels et de viaducs. Après le col du Capelier, elle plongeait vers la petite gare d’Arre-et-Bez par une pente atteignant 33 ‰, avant de poursuivre vers Le Vigan.
Profil en long de la ligne n° 727 de Tournemire-Roquefort au Vigan – 1951.
On y distingue notamment la gare d’Arre-et-Bez ainsi que la succession de tunnels et de viaducs imposée par le relief.
Document communiqué par les Archives historiques SNCF.:
L'exploitation de la ligne
À l’ouverture de la ligne, les trains étaient remorqués par des locomotives à vapeur. Les fortes rampes du parcours, qui atteignaient 33 ‰, limitaient fortement la charge des convois et imposèrent l’emploi de machines de plus en plus puissantes.
Différentes séries de locomotives se succédèrent ainsi sur la ligne, certaines spécialement adaptées aux difficiles conditions de traction rencontrées entre Tournemire et Le Vigan.
Le trafic resta cependant modeste. La ligne était essentiellement desservie par des trains mixtes assurant à la fois le transport des voyageurs et des marchandises. Vers 1938, les temps de parcours variaient ainsi entre 1 h 15 et 3 h 30 suivant les trains. Les convois les plus lourds étaient parfois divisés en deux parties dans la rampe de 33 ‰ entre Arre-et-Bez et Sauclières.
Dans les années 1930, un programme d’électrification de la ligne fut envisagé par la Compagnie du Midi, mais il ne fut jamais réalisé. En 1950, lors de la création de la liaison d’été Lyon–Toulouse, l’utilisation d’autorails sur la ligne fut également étudiée, sans que ce projet aboutisse.
À partir des années 1930, la ligne subit les conséquences de la politique de suppression de certaines dessertes ferroviaires secondaires au profit des transports routiers. Le trafic voyageurs cesse le 15 mai 1939, tandis que le transport des marchandises est maintenu avant de disparaître progressivement sur les différentes sections de la ligne.
Dates de fermetures par section :
1952 : section de L’Hospitalet-du-Larzac à Avèze – Molières.
1960 : section de Tournemire – Roquefort à L’Hospitalet-du-Larzac.
1971 : section d’Avèze – Molières au Vigan.
Elle a été déclassée aux dates suivantes :
Section de L’Hospitalet-du-Larzac à Avèze – Molières : 12 novembre 1954.
Section de Tournemire – Roquefort à L’Hospitalet-du-Larzac : 29 octobre 1970.
Section d’Avèze – Molières au Vigan : 14 janvier 1972.
À la fin des années 1970, la section de Tournemire à l’Hospitalet a été remise en état par l’armée dans le cadre de l’extension du camp militaire du Larzac. L’abandon de l’extension de ce camp en 1981 a mis fin à tout espoir de revoir un quelconque trafic sur la ligne.
Une question de mobilité toujours actuelle
Sa disparition a privé durablement le territoire d'une liaison ferroviaire qui, aujourd'hui encore, pourrait constituer une alternative précieuse à l'usage de la voiture individuelle.
Dans un territoire rural où l'offre de transports publics est devenue très limitée, cette situation contribue à renforcer la dépendance à l'automobile, avec des conséquences pour l'environnement et pour la mobilité des personnes qui ne disposent pas d'un véhicule personnel, notamment les personnes âgées.
À défaut de pouvoir disposer à nouveau d’une liaison ferroviaire, la mise en place d’un service de bus régulier reliant les communes du territoire aux principaux pôles de services, notamment Le Vigan, apparaît aujourd’hui comme une nécessité pour préserver la mobilité et l’attractivité de notre territoire.
Sources et documents
La Vie du Rail, n° 1313, 24 octobre 1971, article consacré à la ligne de Tournemire au Vigan.
Connaissance du Rail, n° 48, septembre 1984, « La ligne de Tournemire-Roquefort au Vigan ».
SNCF – Archives historiques, Profil en long de la ligne n° 727 de Tournemire-Roquefort au Vigan, 1951.
Documents communiqués par le Service Archives Documentation de la SNCF dans le cadre de la recherche n° 23581.
Pour aller plus loin
Ce site propose une documentation photographique détaillée permettant de parcourir les différents tronçons de l’ancienne ligne Tournemire–Le Vigan :






















